Chapitre 7 : une mystérieuse lettre 1/3

Avertissement : L’histoire de Candy Candy et de tous ses personnages appartiennent à Kyoko Mizuki, les images à Yumiko Igarashi et le dessin animé à TOEI Animation.
L’histoire écrite ci-après est une fiction à but non lucratif.
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Voici un très long chapitre qui a été compliqué à écrire et m’a suscité pas mal de questions et de maux de tête!  😆 

J’espère que vous aimerez. Je l’ai divisé en trois parties pour vous en faciliter la lecture…

 

Le manoir des Ardlay, Chicago, mercredi 13 Novembre 1918

Albert rentrait d’une journée harassante de travail et n’avait qu’une hâte, se détendre un peu.

– « Ah Georges ! Je n’en peux plus de ces négociations avec Monsieur Wilson, on dirait qu’il fait durer les choses pour on ne sait quelle raison ! »
– « Oui, je sais William mais je pense que cela a peut-être à voir avec sa fille, vous savez qu’il espère que vous l’épousiez ! »
– « Oui eh bien, il peut toujours attendre ! »
– « Et Madame Elroy aussi, l’espère ! »
– « Et ça c’est une autre histoire !… » Albert soupira car il savait que sa tante n’allait pas le lâcher à ce sujet. « Le courrier est dans le bureau ? »
– « Oui, William, comme d’habitude. »
– « Bon, je vais voir puis ensuite, diner ! »
– « A tout à l’heure William.»

Il entra dans son bureau, enleva la veste de son complet gris foncé qu’il déposa sur le porte-manteau puis desserra sa cravate avant de déboutonner les trois premiers boutons de sa chemise blanche. Enfin il put s’asseoir confortablement dans son fauteuil en cuir marron. Il passa en revue le courrier posé sur le grand bureau d’ébène. Il se disait à lui-même « Invitation,… encore invitation, … gala de charité,… tiens une enveloppe rose, qu’est-ce que c’est ? … Une lettre pour Candy ?! … de Mademoiselle Eleanor Baker !… mais qu’est-ce que la mère de Terry peut bien lui vouloir ?! » Albert sentit son cœur se serrer et une boule se former dans sa gorge, il se gratta la tempe, encore le spectre de Terry ! Il était inquiet. « Pourquoi Mademoiselle Baker contacte Candy ? … Que lui veut-elle ?… Lui parler de son fils ? … Aurait-il encore fait des bêtises ? … Pourtant j’ai lu d’excellentes critiques dans les journaux à propos de son rôle « Le prince du Danemark » dans Hamlet, la nouvelle pièce présentée par la compagnie Stratford. … Alors que se passe-t-il ? … J’ai peur que cela ne fasse que rouvrir d’anciennes blessures ! » Albert se passa la main dans les cheveux en se calant dans son fauteuil, le regard dans le vide. Il était tourmenté par toutes ses questions qui n’auraient de toute façon pas de réponses, en tout cas pas dans l’immédiat. Après un temps de réflexion, il se frotta le menton avec sa main droite en se disant : « Il faut que je donne cette lettre à Candy en main propre ; je dois voir sa réaction et peut-être me dira-t-elle ce qu’elle contient ? Je dois voir avec Georges, comment organiser ça ! Cela tombe vraiment mal, nous commencions tout juste à nous rapprocher et en plus je suis débordé en ce moment ! Quelle poisse !»
Albert sentit le peu d’énergie qui lui restait s’évanouir, il était vraiment préoccupé par ce courrier. Il alla se rafraîchir dans la salle de bains puis il se changea pour une tenue d’intérieur plus confortable avant d’aller diner. Il rejoint Georges dans la salle à manger. John, le majordome demanda :

– « Bonsoir Monsieur Ardlay, puis-je servir le diner ? »
– « Oui, merci John ! » Répondit Albert avant de s’adresser à son ami. « Georges, il faut absolument que je vois Candy et rapidement ! »
– « Un souci Monsieur William ? » Il reprit le monsieur protocolaire devant le personnel.
– « Je dois lui remettre une lettre de la part de Mademoiselle Baker. » Il murmura le nom.
– « Ah ! … je vois ! … Et vous voulez lui remettre en main propre, je présume ? »
– « Tu es perspicace, Georges ! » dit-il avec un petit ricanement.
– « Et avec votre emploi du temps actuel vous ne pouvez pas aller à l’orphelinat ! »
– « Tu as tout compris, peut-être pourrais-tu arranger les choses pour que je puisse aller à Lakewood sur un seul jour comme par exemple dimanche? »
– « Mais je pourrais aller chercher Mademoiselle Candice et la ramener ici ? »
– « Non ! Ce serait trop de fatigue pour elle, juste pour une journée. Tu pourrais aller à Lakewood un jour et aller la chercher à l’orphelinat le lendemain matin. Ainsi j’arriverais pour midi et je repartirais le soir-même. »
– « Je vais voir ce que je peux faire monsieur William ! »
– « Merci Georges ! »

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Lakewood, dimanche 16 novembre 1918

Trois jours plus tard ce fut fait. Georges était allé chercher Candy à l’orphelinat et elle attendait Albert à Lakewood, il était 11h et il ne devrait pas tarder à arriver. Elle ne s’était pas fait prier pour accepter cette invitation surprise et elle était toute excitée dans la perspective de voir son cher Albert. Elle portait des bottines noires à lacets et avait mis une de ses plus jolies robes de couleur verte ; elle avait laissé ses cheveux longs pour faire plaisir à Albert, ils étaient juste retenus par un serre-tête vert lui aussi et elle portait le pendentif en émeraude qu’il lui avait offert. L’ensemble s’accordait avec ses belles prunelles.
Albert s’annonça enfin, il était séduisant dans un complet bleu marine, chaussures noires à lacets, chemise blanche et cravate bleue. Il était légèrement tendu car il avait mijoté ces derniers jours à la pensée du contenu de la lettre.

– « Bonjour Candy, comme tu es belle ! » Il ne put s’empêcher de dire car c’était exactement ce qu’il pensait en la voyant.
– « Bonjour Petit Bert ! » Dit-elle à voix basse pour accentuer le côté intimiste de son petit nom secret. Albert sourit, elle avait toujours le don d’alléger son humeur même quand il était soucieux.
– « Je vois que tu n’as pas oublié ! »
– « Ah ! ça jamais ! » Répondit-elle en faisant un clin d’œil. « Alors tu as la journée de libre parait-il ? »
– « Euh… oui ! » Dit-il un peu gêné car il détestait mentir mais il ne pouvait pas lui dire la véritable raison de leur entrevue. Il décida de se débarrasser de cette épine du pied, il sortit l’enveloppe et lui tendit en disant d’un air le plus détaché du monde :

– « Tiens ! J’en profite pour te donner ça qui vient juste d’arriver à Chicago. »

Sa paire d’yeux bleus la scrutait attentivement essayant de déceler la moindre réaction. Candy saisit l’enveloppe se demandant quel en était l’expéditeur ? Elle eut sa réponse en regardant la lettre.

– « Mademoiselle Baker ?! »

Murmura-t-elle perplexe. Elle se demandait bien ce qu’elle lui voulait, elle aussi, et en même temps elle était gênée vis-à-vis d’Albert. Elle ne voulait pas qu’il s’imagine des choses infondées maintenant qu’elle savait qu’elle l’aimait. Alors elle rangea l’enveloppe dans son sac en disant :

– « Je la lirai plus tard, ce n’est pas urgent. Pour l’instant profitons de ces quelques heures. »

Elle affichait un grand sourire. Albert ne savait pas comment interpréter sa réaction et il était frustré de ne pas connaitre le contenu de cette missive. Au moins elle n’avait pas l’air triste ou bouleversée ! Candy changea tout de suite de sujet de conversation en lui demandant comment s’étaient passées ses affaires depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Puis ce fût l’heure du déjeuner. Ensuite Albert l’emmena dans le solarium, l’endroit même où Candy avait découvert sa véritable identité. Il avait prévu de lui restituer quelque chose qui lui appartenait. Il avait longuement réfléchi et tourné le problème dans tous les sens et il était arrivé à la conclusion que c’était le bon moment, le moment de vérité, de nouveau ici dans cette même pièce. Il avait déposé cet objet bien en évidence sur le bureau discrètement, profitant d’un moment où elle admirait les portraits de famille sur le mur et il alla regarder par la fenêtre, scrutant l’horizon sans le voir, il était perdu dans ses pensées. Il voulait la laisser libre de ses émotions, ne pas l’influencer lorsqu’elle allait découvrir l’objet car elle devait déjà avoir des soupçons sur ses sentiments envers elle à cause de sa propre attitude lors de leur dernière rencontre, voilà pourquoi il lui tournait le dos à ce moment-là faisant semblant d’observer dehors. Il ne voulait pas non plus se trahir, montrer sa tristesse si jamais il se rendait compte que ça la toucherait. Elle serait capable de cacher son ressenti ou de forcer de fausses émotions pour ne pas le blesser. Il avait les mains moites, la bouche sèche et son cœur était comme un mustang sauvage qu’on essayait de dompter, il bondissait dans sa cage thoracique. Il se passa la main dans les cheveux et attendait l’heure de vérité… comme un accusé innocent attendant le verdict !

(Aspiration d’Albert à ce moment: Elvis Presley – Love me tender )

– « Oh !… mon journal intime!» (1)

Elle était interloquée car elle ne s’y attendait vraiment pas. Ils n’en avaient même jamais parlé avant mais pourquoi Albert lui rendait-il ? Et maintenant ? Elle l’avait envoyé à l’oncle William mais c’était Albert qui le lui rendait !

– « Je crois qu’il est temps que je te le rende… parce que c’est… ton trésor !»

Il s’était efforcé de contrôler sa voix en tournant toujours le dos. Elle le saisit en lui disant simplement :

– « Merci, Albert ! »

Il avait décidé de lui restituer car il n’avait plus de raison de le conserver et aussi parce que si Candy nourrissait encore des sentiments pour Terry, elle voudrait certainement le chérir. Il voulait également la tester car avec cette lettre d’Eleanor Baker, elle pourrait avoir des réminiscences et il souhaitait jauger sa réaction. Ce courrier avait réveillé d’anciens tourments en lui et il ne pouvait pas continuer à la courtiser si finalement Terry habitait encore son cœur. Il ne voulait surtout pas être son second choix, un choix par dépit ! Il n’en était pas question ! Il aurait souhaité à ce moment que Terry soit finalement libre, ainsi Candy aurait pu choisir celui qui était l’authentique réceptacle de son cœur. Il aurait tellement voulu être sûr et certain mais il avait un doute car elle s’était si longtemps languie puis morfondue pour l’acteur. Il en avait été le témoin malheureux en tant qu’amoureux transi. Albert en avait tellement souffert qu’il ne voulait absolument pas revivre cela. Il avait tellement d’incertitude, Georges avait raison, l’amour était le seul domaine dans lequel Albert manquait d’assurance, lorsqu’il était ainsi rempli de doute, cela devenait son point faible.

Albert l’écoutait attentivement mais il ne décela pas de tristesse dans son ton, juste un peu… de gêne ? Il la connaissait très bien après tout ce temps passé à vivre sous le même toit avec elle et il était capable d’identifier ses émotions à partir de son intonation en prononçant ces simples deux mots. Alors il se retourna pour confirmer en observant son langage corporel, oui, c’était bien cela, elle restait calme sans parler, son expression n’était pas mélancolique mais il aurait juré qu’elle se sentait gênée. Il était surpris car elle avait toujours parlé de sa relation avec Terry très librement lorsqu’ils habitaient ensemble aux Magnolias, or ce journal intime contenait ses pensées de la période où elle était à Londres, au collège St-Paul et donc l’évolution de ses sentiments pour Terry. « Mais pourquoi est-elle mal à l’aise, il n’y a rien dans son contenu qu’elle ne m’avait déjà dit dans les grandes lignes cent fois lorsqu’on vivait ensemble ?! » Par contre il était soulagé qu’elle ne fût pas chagrinée, c’était plutôt rassurant.

Quant à Candy, elle était gênée car ce journal intime était le témoignage de son amour passé pour Terry alors qu’elle était maintenant amoureuse d’Albert ! C’était comme parler de son ex petit-ami avec l’homme de sa vie, situation vraiment inconfortable car elle ne voulait pas qu’Albert repense à ses sentiments envers Terry ! Il avait déjà était le confident de tous ses états d’âme à ce sujet : joie, espoir puis cœur brisé, désespoir… mais à l’époque elle le voyait simplement comme son ami. Maintenant que ses sentiments avaient évolué elle ne voulait pas parler de son contenu et chercha très vite à changer de sujet.

– « On parle beaucoup de la fin de la guerre. »
– « Oui, l’armistice a enfin été signée le 11, c’est un grand soulagement. »
– « Pauvre Alistair, si seulement cela avait été plus tôt… »
– « En parlant de lui, il y aura une commémoration le mois prochain, viendras-tu ? »
– « Je voudrais bien mais est-ce que la Grande Tante Elroy acceptera ? Elle avait refusé que j’assiste à ses funérailles ! »
– « Tu peux compter sur moi pour le lui faire accepter ! »
– « Mais je ne voudrais pas être source de discorde, c’est déjà assez triste comme ça ! »
– « Ne t’inquiète pas Candy, tu es un membre à part entière de cette famille et si c’est ton souhait, tu y assisteras ou je ne m’appelle plus William Albert Ardlay! »
– « Je suppose que toute la famille sera là ? »
– « En tout cas tout le monde est convié ainsi qu’Annie et Patricia bien sûr. »
– « Au moins je pourrai les revoir toutes les deux ainsi qu’Archie. Il y a si longtemps que je ne les ai pas vus surtout Patty ! »
– « As-tu des nouvelles récentes de Patricia ? »
– « Oui, nous nous écrivons régulièrement, elle fait des études pour devenir enseignante mais elle a encore énormément de chagrin. En fait, elle a du mal à faire son deuil car le corps d’Alistair n’a jamais été retrouvé donc elle a un espoir insensé qu’il aurait pu par miracle être encore en vie quelque part en Europe ! Peut-être amnésique comme tu l’as été ou fait prisonnier. » Candy soupirait.
– « La phase de déni (2) se prolonge en somme, elle aurait déjà dû commencer à se reconstruire ! »

Ils restèrent un moment silencieux à ces tristes pensées mais aucun des deux ne voulaient passer le peu de temps qu’il leur restait dans une humeur maussade.
A ce moment Georges s’annonça :

– « Monsieur William vous avez un appel téléphonique de Boston! »
– « Ah ! Excuse-moi Candy je fais au plus vite ! » dit-il pendant qu’il rejoignait son bureau.
– « Oh ! Vous avez le téléphone ! » (3) Dit Candy à Georges.
– « Oui depuis peu, c’est très pratique ! »
– « Oui, j’imagine que pour les affaires cela peut aider ! »
– « En effet, veuillez m’excuser mademoiselle Candice mais il faut que je rejoigne monsieur William, cela risque de prendre un certain temps !»
– « Oh !… Bien sûr Georges ! »

Candy se retrouva seule, elle alla s’asseoir sur le canapé et en profita pour ouvrir la lettre de Mademoiselle Baker (4), elle était quand même très intriguée. Elle sortit une feuille sur laquelle était couchée une calligraphie élégante accompagnée d’un ticket et d’un carton d’invitation pour une représentation théâtrale sur lequel était écrit :

La compagnie de théâtre Stratford présente sa saison d’automne

« HAMLET »
Pièce de William Shakespeare
Mise en scène : Robert Hataway
Acteur principal : Terrence Graham

A suivre

Maintenant que va faire Candy ? Va-t-elle se replonger dans son journal ? Va-t-elle accepter l’invitation et choisir d’aller voir Terry ? Que va penser Albert ?

 

Remerciements pour tous vos commentaires Ms Puddle, Antlay, Alexia, ainsi que tous les lecteurs même silencieux !

Notes :
(1) L’Histoire de ce journal est inspirée du roman final (CCFS) mais j’ai changé l’ordre des évènements et la date car Albert ne le lui aurait pas rendu à ce moment-là. Cependant, j’ai trouvé intéressant qu’il le fasse en même temps que la lettre d’Eleanor Baker qui a probablement dû arriver à Chicago car elle n’était pas censée savoir que Candy était repartie à l’orphelinat. Cette lettre et le journal étant en rapport avec Terry, j’ai pensé qu’il y avait une certaine « logique ».
(2) Les différentes étapes d’un deuil, (décès d’une personne, rupture…) sont en principe linéaires, il y a : Le Choc, Le Déni, La colère, La tristesse, La résignation, L’acceptation, La reconstruction. Parfois et pour différentes raisons, certaines personnes peuvent rester bloquées trop longtemps à l’une de celles-ci. Ces étapes sont plus ou moins longues selon les gens.
(3) Le téléphone a commencé à être installé aux USA à partir de 1877, l’auteur de son invention a fait l’objet de controverses, parmi les noms évoqués on trouve Elisha Gray et Alexander Graham Bell pour les deux plus célèbres mais on trouve aussi des travaux effectués par Antonio Meucci, Charles Bourseul et Johann Philipp Reis.

(4) Je n’ai pas trouvé la lettre d’Eleanor Baker j’ai donc imaginé ce qu’elle a pu dire à partir de la lettre-réponse de Candy du roman final.

  1. Interesting, Candy Bert, for rearranging the orders of events in CCFS! As you said, both letter from Miss Baker and Candy’s diary were similar in nature. They both represented Terry. So Candy still didn’t know Albert was her prince right? I’ll see how Candy responded to the letter and her diary next. 🙂

    • Indeed, I’ve rearranged the timelines and there will be others but, my story isn’t CCFS (I haven’t the talent of Mizuki 😆 ) and it will be more and more different from CCFS, even if on the beginning I’ve used some of its events! 😉
      You’re right Ms Puddle, at this point of the story Candy still didn’t know Albert was her Prince.

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