Chapitre 8 : A la mémoire d’ Alistair 1/2

et à la mémoire de mes six anges qui me manquent tellement…

Préambule: Aujourd’hui 8 mai, date de l’armistice de la deuxième guerre mondiale, j’ai pensé que c’était une bonne date pour publier ce chapitre dédié aussi à la mémoire de toutes les victimes de la guerre, militaires ou civiles quel que soit le camp et partout dans le monde.

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Avertissement : L’histoire de Candy Candy et de tous ses personnages appartiennent à Kyoko Mizuki, les images à Yumiko Igarashi et le dessin animé à TOEI Animation.
L’histoire écrite ci-après est une fiction à but non lucratif.
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Lakewood, Dimanche 8 décembre 1918

Tout le manoir était en ébullition, la Grande Tante Elroy était de retour de Floride en compagnie de Sarah et Raymond Leagan afin d’assister à la commémoration en l’honneur d’Alistair (1) qui s’était abimé dans La Manche avec son avion il y a maintenant deux ans. Neal et Eliza n’avaient pas fait le voyage prétextant des affaires urgentes à régler à Miami. Il y avait la famille Cornwell au complet, Archibald, ses parents, des oncles, tantes, cousins et cousines. Annie et Patricia étaient là également.
Albert occupé à recevoir tous les membres de la famille avait envoyé Georges pour chercher Candy à la Maison de Pony.

Elle était anxieuse à l’idée de rencontrer La Grande Tante Elroy et croyait aussi y trouver Neal qu’elle n’avait pas revu depuis l’annulation de ses fiançailles forcées avec lui. Par contre elle se réjouissait de retrouver ses trois chers amis, Patty, Annie et Archie et surtout de revoir Albert en dépit des circonstances. La cérémonie était prévue à 11h. Elle portait une robe sobre de couleur noire et un manteau assorti. Ses cheveux étaient retenus en un chignon bas et elle portait un chapeau noir à bords étroits et une voilette. C’était le genre de tenue adéquate à l’époque pour cette cérémonie. Cela lui donnait une allure un peu sophistiquée mais très élégante et faisaient ressortir sa peau nacrée ainsi que ses beaux yeux verts. Elle arriva devant l’entrée où un majordome lui ouvrit la porte.

– « Bonjour Mademoiselle Ardlay »
– « Bonjour James, comment allez-vous ? » Candy restait égale à elle-même se souciant toujours du personnel.
– « Oh ! Très bien merci mademoiselle ! Monsieur Ardlay vous attend dans la pièce de réception. »
– « Merci, James, j’y cours ! »

James souriait intérieurement, « Toujours aussi gentille et spontanée !» Pensait-il.

Candy arriva dans la grande salle de réception qui avait été reconvertie en une chapelle pour la cérémonie. Un autel constitué d’un pupitre en bois où se tenait déjà le Pasteur avait été installé à une extrémité de la pièce. Des rangées de sièges avaient été ordonnées en deux parties laissant une allée centrale devant l’autel. Les invités étaient déjà presque tous installés. Des cierges et de compositions florales blanches et violettes dans lesquelles on trouvait des œillets, des chrysanthèmes, des gerberas et des lys blancs ornaient le pied de l’autel ainsi que chacun des côtés de l’allée. Il y avait également derrière l’autel une bannière étoilée américaine ainsi que le drapeau Écossais constitué de la croix de Saint-André représentant la croix blanche du martyr chrétien, patron de l’Ecosse, sur un fond bleu. L’ensemble donnait déjà une atmosphère au recueillement.

Albert qui avait aperçu Candy s’approcha d’elle pour l’accueillir. Il l’a trouvée tellement belle même en noire. Comme tous les hommes du clan, il portait la tenue traditionnelle des Écossais (2), c’est-à-dire le kilt en tartan vert et bleu aux couleurs de son clan avec un ceinturon en cuir noir avec une boucle ciselée en argent. Dans la partie buste, il avait une courte veste noire type spencer portée sur une chemise blanche, une cravate, un gilet noirs et enfin un sporran, sorte de sacoche en cuir noir avec des pampilles de fourrure et des incrustations en argent rappelant la boucle du ceinturon. Au niveau des jambes, des chaussettes en laine vert foncé remontaient jusqu’aux genoux. Le dirk qui est un poignard à manche ciselé et rehaussé de pierreries était accroché dans le revers de la chaussette droite. En guise de chaussures, il portait des ghillies de cuir souple noir, lacées au-dessus de la cheville. Sur la tête un tam o’shanter, sorte de béret en drap de laine noire muni d’un toorie (pompon) en son centre, orné d’une plume d’aigle sur le côté et de rubans flottants à l’arrière. Le bandeau du tam o’shanter était en tissu à carreaux noir, rouge et blanc. Enfin, par-dessus la veste le plaid qui est une espèce d’écharpe longue en tartan. Sur la veste il aurait dû agrafer le badge emblème des Ardlay mais il l’avait perdu sur cette colline, celle de Candy il y a maintenant quatorze ans et il savait très bien où il était maintenant ou plutôt qui le possédait pour l’avoir vu autour du cou de Candy, ce fameux jour où elle avait failli se noyer dans les chutes d’eau et il le revit lorsqu’elle était tombée dans le piège de Neal. C’est ainsi qu’il a compris qu’il était son « Prince de la colline ». Il faudrait bien qu’il lui réclame un jour, c’était un héritage familial transmis de père en fils. Cependant, il voulait attendre encore un peu avant de faire cette dernière révélation, être davantage certain de ses sentiments envers lui pour ne pas l’influencer, après tout ce n’était pas urgent et son précieux badge était entre de bonnes mains. Bien sûr, il aurait pu en faire refaire un autre mais avant de revenir à la tête de la famille cela n’était pas indispensable, ensuite il a su qu’il n’avait finalement pas été perdu, il y voyait peut-être un signe supplémentaire du destin.

Sa tenue qui était très solennelle associée à sa haute stature le rendait si élégant. On ne remarquait que lui parmi la gente masculine, même si Archie était lui aussi très élégant avec la même tenue mais il était plus petit. Candy le vit si beau ainsi vêtu alors qu’il marchait vers elle, c’était la première fois qu’elle croyait le voir habillé ainsi. Elle était troublée, une vague sensation de déjà vu mais elle n’y prêta pas plus attention étant plus concentrée sur les événements à venir. Elle n’avait pas pu assister aux funérailles de Stear et elle était en train d’y penser tristement ce qui fait qu’elle ne réalisait pas qu’elle avait juste en face d’elle son « Prince de la colline ». Ce que Candy pouvait être aveugle parfois ! Elle fixait ses doux yeux bleus pour y chercher comme d’habitude du réconfort.

– « Bonjour Candy ! Pas trop nerveuse ? »

Il savait qu’elle était stressée à l’idée de revoir certains membres de la famille. Il lui baisa la main, comme cela se faisait à l’époque. Il ne pouvait pas être trop familier en public.

– « Bonjour Albert !… un peu. » Avoua-t-elle dans un murmure.
– « Ne t’inquiète pas tout se passera bien. Suis-moi ! » Lui dit-il sur un ton chaleureux et rassurant.

Albert la conduite auprès des membres les plus proches de la famille dont les places étaient réservées devant. Tout d’abord selon le protocole, la Grande Tante Elroy devant laquelle Candy fit une petite révérence respectueuse en lui disant bonjour. La vieille dame impassible la gratifia simplement d’un signe de tête. Puis ce fut les parents d’Alistair et d’Archibald. Il y avait les Leagan mais elle ne vit pas Eliza ou Neal. Soulagement ! Enfin Candy retrouva ses trois amis qui étaient très émus de la revoir mais aussi par les circonstances. Ce serait un moment émotionnellement très chargé. Ils prendraient le temps de discuter plus tard car c’était déjà l’heure.

Albert en tant que chef de clan ouvrit la cérémonie en donnant la parole au pasteur qui commença par un discours sur la vie éternelle et quelques versets de la Bible, rappelant aussi la bravoure et le sens du sacrifice d’Alistair. Puis ce fût le tour d’Archibald qui voulut rendre hommage à son frère :

« Alistair, tu étais non seulement mon grand-frère mais aussi mon confident et mon meilleur ami. Ton absence est comme une blessure en moi qui est aussi tangible que le vide que je ressens autour de toi mais il faut savoir accepter ce que nous donne la vie et ce que la vie nous reprend….
Je me souviens de toutes nos bêtises lorsque nous étions enfants, de nos rires et de tous nos jeux. De toutes nos aventures à Londres et aussi de tes inventions dont j’avais toujours peur mais qui au final faisaient rire tout le monde. Tu les réalisais toujours dans le but d’aider les autres. Tu avais un grand cœur mon frère bien-aimé même si tu as toujours été très pudique sur tes sentiments. Ton cœur était si grand que tu as voulu défendre notre patrie menacée en t’engageant dans cette guerre. Je suis fier de toi et je t’admirerai toujours, tu me manques tellement Stear, tu nous manques à tous… »

Archie avait les larmes aux yeux et sa voix se brisa sur les derniers paroles. Ses parents dirent aussi quelques mots et pour terminer ce fût le discours d’Albert. Trois hommes du clan en tenue écossaise avec leur cornemuse vinrent se placer derrière lui.

« Moi aussi je me souviendrai de tes inventions Alistair, tu en avais fait deux pour m’aider à retrouver ma mémoire. Je garderai de toi le souvenir d’un jeune homme intelligent, joyeux, doux, altruiste et courageux. La guerre s’est terminée et notre patrie a été préservée grâce à des hommes pleins de bravoure comme toi, mon cher neveu. Nous t’en remercions tous même si par cet engagement tu as malheureusement eu les ailes brisées en plein vol et que tu as quitté ce monde bien trop tôt mais tu resteras à jamais dans nos cœurs Alistair, tout comme Rosemary et Anthony car nos défunts sont invisibles mais ne sont pas absents ! Maintenant tu as les ailes d’un ange. Veillez bien les uns sur les autres. »

Albert de sa magnifique voix commença alors à entonner « Amazing Grace », accompagné du son des trois cornemuses. Pour le refrain, ce fût l’ensemble des personnes présentes qui se mirent à chanter.

IL Divo – Amazing Grace with bagpipes)

L’émotion était palpable et des larmes coulèrent sur les joues çà et là. Patty se mit à sangloter sur l’épaule de Candy qui se trouvait à côté d’elle. Enfin la cérémonie se termina, les hommes dont Albert et Archie allèrent se changer pour une tenue plus classique avant de se rendre dans la salle à manger pour un déjeuner. Albert était soulagé car il craignait que Candy ne fasse le rapprochement avec son rêve d’enfance or il ne voulait pas qu’elle apprenne qu’il était son « Prince de la colline » de cette manière et pas dans de telles circonstances. Il voulait que cette dernière révélation soit spéciale entre eux. Heureusement pour lui Candy avait été perdue dans ses pensées au sujet d’Alistair et aussi de la Grande Tante Elroy et enfin de Neal.

Pendant ce temps, Candy, Annie et Patty étaient heureuses de se retrouver. Patty avait minci et ses cheveux bruns attachés en catogan étaient plus longs, elle était devenue une belle jeune femme également mais on pouvait déceler derrière ses nouvelles lunettes rondes, ses yeux de biches remplis de tristesse et de mélancolie. La couleur noire de ses vêtements assombrissait encore plus son expression. Le repas très solennel de déroula dans une ambiance assez pesante mais fût bref. Nos quatre amis se retrouvèrent alors dans un salon privé. Albert en tant qu’hôte était resté avec la famille.

– « Alors Patty raconte-nous, comment ça se passent tes études ? » Demanda Candy.
– « Oh, très bien j’ai hâte d’avoir terminé et de me retrouver devant des élèves. »
– « Patty, institutrice, finalement je pense que c’est un métier qui te conviendra très bien. » Dit Annie.
– « Oui c’est vrai, Patty et comment c’était la Floride ?» Demanda Archie.
– « Chaud et exotique, on y trouve aussi des oranges délicieuses. J’ai visité les Everglades (3), c’est beau avec tous ces flamands roses, les pélicans mais aussi des alligators.»
– « C’est clair que ça doit changer de la ville des vents (4) ou de Londres ! » Dit Archie.

La conversation continua ainsi, ils essayaient d’y mettre un peu de légèreté mais le cœur n’y était pas vraiment même s’ils étaient contents de se revoir. Ils revinrent dans la grande salle pour que leur absence ne soit pas remarquée, cela pourrait contrarier la Grand Tante qui était si à cheval sur les principes. Ils se rapprochèrent d’Albert qui était en discussion avec les Cornwell, le père d’Archie en particulier qui le remerciait de ce bel hommage rendu à son fils Alistair. Patty s’excusa un instant. Personne n’y prêta plus d’attention pensant qu’elle se rendait aux toilettes. Un quart d’heure puis une demi-heure passèrent. Candy commença à remarquer son absence un peu longue à son goût et avait un mauvais pressentiment. Elle se rendit avec Annie à sa recherche d’abord dans la pièce réservée aux dames, elle n’y était pas ! L’angoisse commença à monter car c’était un jour particulier pour Patty et elles se souvenaient qu’elle avait voulu se poignarder le jour des funérailles de Stear. Elles cherchèrent un peu partout mais personne. Candy vint alors avertir Albert discrètement.

– «Mais où a-t-elle bien pu se réfugier ? Albert, je suis terriblement inquiète, tu sais qu’elle a voulu se suicider il y a deux ans ? »
– « Non ?! Je ne le savais pas ! Je vais demander à Georges de la faire rechercher discrètement. »
– « Mais le manoir est grand, cela risque de demander du temps ! Quoi faire d’autre ?»

Un long moment s’écoula encore, Annie et Archie étaient toujours à la recherche de Patty et Georges accompagné de Candy revint dire à Albert :

– « Je suis désolé monsieur William mais elle n’est nulle part dans le manoir ! »
– « Oh mon Dieu mais qu’est-ce qu’on va faire ? » Dit Candy complétement alarmée.

A suivre

Qu’est-il arrivé à Patricia? Où est-elle?

Une petite vidéo sur Patty et Alistair.

 

 

 

Remerciements pour tous vos commentaires et votre fidélité, Ms Puddle, Antlay, Alexia, ainsi que tous les lecteurs même s’ils restent silencieux ! 😉

 

Notes :
(1) La commémoration à la mémoire d’Alistair est dans le roman final par contre je ne sais pas si la cérémonie y était décrite, j’ai donc inventé complétement la manière dont elle s’est déroulée et la date est approximative.
(2) Costume traditionnel Écossais, il existe plusieurs variantes, j’ai choisie celle qui me plaisait le plus.
(3) Parc National des Everglades est une zone marécageuse qui renferme le plus vaste milieu naturel subtropical du pays.
(4) La ville des vents = autre nom de la ville de Chicago car très venteuse.

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  2. Candy Bert, thank you so much for mentioning my new fic on your site! I truly appreciate it!

    About this chapter, you have picked a very nice song, and I really liked it. I love all the male voices of Il Divo! When I was drawing Prince on the Hill, I’ve done some research on Scottish kilts and all their accessories. Too bad I can’t read your own words, but from the translated version, it shows very detailed descriptions. Excellent job! I’m sure you’ve read quite a bit too. I like the color combinations and all the details.

    I don’t know why Candy never thought of asking Albert about her prince, but someone once told me that Albert already occupied her mind in her life then. She might still be curious who her prince was though, but it’s never been a burning question to her. 😉 Does this make sense?

    But where’s Patty? I think I’d better catch up! 🙂

    • You’re very welcome, Ms Puddle! It’s only fair because I like very much your story and you have done same thing by sharing the link on your blog and FB page! 😀
      Thank you for your nice words. You have guess well like you I’ve done some research on Scottish kilts and all their accessories.
      About Candy asking Albert about POTH it totally makes sense to me that Albert already occupied her mind, in fact it is the favorite supposition among those I’ve thought! 😀

  3. Bonjour Candy Bert
    C’est un chapitre très émouvant et très bien écrit.
    La description de la tenue traditionnelle écossaise que porte Albert est très détaillée et on l’imagine aisément. Et Candy incapable de reconnaître son Prince ! J’ai toujours trouvé surprenant que Candy n’ait pas demandé à Albert quand elle a découvert qu’il était un Ardlay, qui était le Prince de la Colline car elle savait aussi que c’était un membre de la famille, Anthony le lui avait dit.
    Et Amazing Grace, mon morceau préféré, j’ai toujours la chair de poule quand je l’écoute. Quand j’étais ado, j’avais le 45 tours de Amazing Grace interprété par Les Pipes Drums Military Band Royal Scots et je l’écoutais en boucle. J’adore la musique celtique.

    • Bonjour Antlay,
      Merci pour vos compliments, c’est encourageant. 😀 Ce fût un chapitre un peu difficile à écrire car effectivement chargé d’émotion triste.
      Quant à votre question, pourquoi Candy n’a pas demandé à Albert au sujet du Prince de la colline, je me suis posé la même car effectivement Anthony lui a dit clairement que seuls les hommes de la famille Ardlay possédaient un tel badge! Je ne vois pas de réponse évidente, elle n’a peut-être pas voulu le blesser avec ce souvenir s’ils commençaient à arborer des sentiments l’un pour l’autre? Sinon elle pensait peut-être qu’Albert lui aurait « naturellement » dit puisqu’il était au courant de l’existence de son prince. Elle savait aussi qu’Albert a été isolé du reste de la famille alors peut-être a-t-elle supposé qu’il pouvait ne pas le connaitre mais dans les deux derniers cas, cela ne l’empêchait pas de poser la question malgré tout! Encore un des mystères de CCFS! Peut-être que Ms Puddle a une idée?

      Concernant ma fiction elle trouvera des réponses à ses questions dans les chapitre 9, 10 et 11 Ainsi qu’Albert d’ailleurs 😉

      J’adore la musique celtique aussi. Il existe beaucoup de versions d’Amazing grace, j’ai fini par choisir celle-ci à cause des cornemuses et aussi parce que j’aime la première voix masculine qui pourrait aisément me faire penser à celle que pourrait avoir Albert! 😉 🙂 Sinon j’aime beaucoup celle-ci aussi: Amazing Grace

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